Après les diverses expériences de la décennie écoulée (que les titres rappelés ci-dessus ne reflètent que partiellement), le besoin est apparu de tenter en 2004-2005 une aventure théâtrale d’un genre radicalement différent des précédentes, et qui prenne également en compte la chance de pouvoir intégrer à une nouvelle troupe non seulement d’autres comédiens mais aussi des chanteurs. L’idée de ce spectacle trouve d’autre part son origine dans le désir d’aborder en scène les thèmes éternels de la liberté et de l’oppression, cela sans a priori se fixer trop de limites spatiales ou temporelles, et donc en associant et faisant alterner dialogues (à écrire), musiques et chants, et textes de natures diverses (poèmes, lettres, discours, souvenirs, extraits de pièces...).
Une fois acquis ce principe de réaliser un montage de chansons et de textes, restait donc à sélectionner ces derniers, puis à rédiger les dialogues destinés à structurer l’ensemble et à faire le lien entre les extraits proposés. Le choix de la vingtaine de textes et chansons qui rythment le spectacle est de ma responsabilité pour l’essentiel. Vu l’immense champ de possibilités, et aussi l’obligation de garder à l’ensemble cohérence minimale et longueur raisonnable, la sélection ne fut pas facile et certaines renonciations douloureuses. J’assume le caractère forcément subjectif des choix effectués, de la diversité des lieux et des périodes, et des « absences ». Bien sûr il n’a jamais été envisagé de présenter une nomenclature exhaustive des diverses formes d’oppression, ni de respecter un quelconque équilibre thématique, géographique ou autre : un tel objectif est inaccessible et évidemment en contradiction avec les contraintes et surtout avec les buts premiers d’un spectacle théâtral. Quant au difficile travail d’écriture des dialogues intermédiaires, le mérite en revient principalement à Benjamin Hubert (qui a situé les personnages au cœur d’une Europe centrale qu’il connaît bien), sauf certains passages dont je suis responsable (sur l’Allemagne et sur le Chili).
A toutes celles et tous ceux qui nous feront l’amitié de nous accompagner dans cette aventure, nous souhaitons un enrichissant parcours, et que souffle à la fin un air de liberté…
Claude Lutaud, coordonnateur des CHATS NOIRS